Les pourboires sont-ils soumis à cotisations ?
La question revient à chaque embauche et la réponse tient en trois conditions. Voici lesquelles, ce qu’elles couvrent, jusqu’à quand, et le cas que presque tout le monde classe du mauvais côté.
La réponse courte
Non, à trois conditions cumulatives : le pourboire est volontaire, il revient à un salarié en contact avec la clientèle, et la rémunération mensuelle brute de ce salarié, pourboires exclus, ne dépasse pas 1,6 SMIC - soit 2 916,85 € brut en 2026.
Quand ces trois conditions sont réunies, le pourboire échappe aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. Le dispositif court jusqu’au 31 décembre 2028, prorogé par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 5.
Ce guide décrit un régime général. Il ne remplace pas votre expert-comptable, qui est le seul à pouvoir trancher votre cas - notamment si un salarié approche le plafond.
Ce que « volontaire » veut dire, et pourquoi tout se joue là
C’est la condition que l’on croit acquise et qui ne l’est pas. Un pourboire volontaire est une somme que le client décide de donner, dont il fixe le montant, et qu’il pouvait ne pas donner. Tout ce qui est ajouté d’office à la note ne l’est pas.
Conséquence directe : le pourcentage service et tout frais ajouté d’office à la note reste hors du dispositif. Un « service 10 % » imprimé sur l’addition est dû par le client, donc il fait partie du prix, donc il suit le régime social de n’importe quelle rémunération. Le renommer ne change rien : c’est le caractère obligatoire qui décide, pas l’intitulé.
La forme du paiement, en revanche, n’a aucune importance. Espèces, carte bancaire, téléphone : le texte vise le pourboire remis au salarié comme celui remis à l’employeur qui le reverse intégralement au personnel. Un pourboire encaissé par carte et reversé est exactement dans le champ.
Quels salariés, et quels métiers
Le dispositif ne se limite pas aux cafés et aux restaurants, contrairement à ce qu’on lit souvent. Il vise les salariés en contact avec la clientèle, dans tous les secteurs où le pourboire se pratique : hôtellerie et restauration, mais aussi coiffure, esthétique, taxi, spectacle, casino.
Deux conséquences pratiques. La cuisine, l’administratif et la direction ne sont pas concernés : ils ne sont pas en contact avec la clientèle, et un pourboire qui leur reviendrait ne serait pas exonéré. Et le plafond de 1,6 SMIC se lit pourboires exclus : un salarié qui les dépasse une fois les pourboires ajoutés reste dans le dispositif, tant que sa rémunération hors pourboires tient sous le seuil.
Ce que l’exonération couvre exactement
Elle porte à la fois sur l’impôt sur le revenu du salarié et sur les prélèvements sociaux : cotisations légales et conventionnelles, CSG et CRDS, contribution à la formation professionnelle, taxe d’apprentissage, participation à l’effort de construction.
Autrement dit, un pourboire de dix euros dans le champ du dispositif coûte zéro charge patronale et arrive net au salarié. C’est ce qui en fait un complément de rémunération qu’aucune prime ne peut égaler à budget constant - et c’est aussi ce qui explique l’attention de l’administration sur la frontière décrite plus haut.
La source de référence est la fiche employeur de l’Urssaf. C’est l’organisme qui encaisse les cotisations qui explique pourquoi il n’en prend pas : aucune source ne vaut celle-là, et surtout pas un article de blog qui ne sera pas corrigé.
Exonéré ne veut pas dire invisible
C’est l’erreur qui coûte cher, et elle mérite son propre guide : un pourboire exonéré doit quand même être déclaré. Il entre dans le revenu fiscal de référence du salarié, et il se déclare en DSN comme le reste. Ne rien déclarer parce que rien n’est dû est une position intenable en cas de contrôle.
La suite est là : comment déclarer les pourboires de son équipe.
Là où Pourliche entre en jeu
Rien de ce qui précède n’a besoin d’un outil : le régime existe, et il s’applique à des pourboires en espèces comme à des pourboires par carte. Ce qui a besoin d’un outil, c’est de pouvoir montrer que les conditions étaient réunies.
Un pourboire laissé par carte sur Pourliche est volontaire par construction - le client choisit de donner, et il choisit le montant. Il est nominatif, parce que le client désigne la personne qu’il remercie. Et le décompte de ce qui revient à chacun, net des frais bancaires, part chez votre comptable au début du mois suivant, sans que vous ayez rien à tenir.
C’est exactement la matière que réclament le bulletin de paie et le registre de répartition, et c’est ce que le liquide ne donne jamais.